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Fraktur und Wagnis est un espace de création, d’écriture, d’images et de sons, que se donnent deux auteurs anonymes autour d’un sujet qui les implique tous deux, la création d’une « œuvre  commune et processuelle ». C’est un lieu privilégié où leurs pensées respectives se touchent, se bousculent, évoluent à distance.

Leur ambition est de traduire dans une autre dimension cet événement réel et problématique, le rassemblement-déménagement-installation d’une immense bibliothèque intime. Les faits et les données sont véritables, mais les experts pourraient les étudier longuement que cela n’aiderait pas les auteurs dans leur désir de comprendre « à l’envers » cette entreprise personnelle contre le temps, contre la mort. D’ailleurs, comprendre n’est plus le sujet !

Il faut d’emblée donner le ton : Fraktur und Wagnis est un interstice poétique (subversif) et présomptueux, autour d’une bibliothèque et de l’autofiction qui en découle naturellement.

Fraktur und Wagnis est un journal en ligne, partagé entre l’auteur de la bibliothèque (le collectionneur, le conservateur, le libertin, le moine) et une artiste (la photographe, la forgeuse d’écritures). Le journal se veut un espace ouvert et tendu, mais anonyme et d’autant plus mystérieux, où les idées, les lieux, les objets, les histoires, voire les personnes impliquées, se rencontrent.

Il est conçu comme un empilement de pages de notes et de lectures, de brouillons d’idées, de photos d’ici et de là-bas, d’images souvenirs, de liens également pour lier et pour délier. Ce lieu de publication est aussi  l’espace virtuel et symbolique de la bibliothèque, la fusion de l’ancienne et de la nouvelle ; il observe et résout l’ambiguïté d’un lieu de stockage, qui fut aussi pour les auteurs lieu de vie temporaire, transitoire. Enfin, la distance et le temps[1] sont et seront d’importants facteurs dialectiques, grâce auxquels, même si les règles restent à écrire, les créateurs espèrent l’accident, l’inouï. Pour cette première phase de construction, les auteurs n’ont pas souhaité l’ouvrir aux commentaires. Si chacun peut y accéder et le lire, c’est pour faciliter la circulation des idées.

L’enjeu revendiqué implicitement et/ou explicitement selon les auteurs est de déplacer les frontières du sujet « bibliothèque », de bousculer la limite des lieux et les secrets de l’histoire personnelle, d’être plus perméable de soi à l’Autre, de l’Autre à soi. Ce journal Fraktur und Wagnis sera vécu par eux comme une aventure, avec ses contradictions et ses risques.

L’intention secrète est d’aboutir à la création d’une œuvre à part entière, qui sera autre, de nature indéterminée pour l’instant. C’est l’inconnu devant nous, et si nous osons plonger dans cette expérience, c’est qu’elle repose sur le désir ardent de faire ensemble et sur cette évidence qu’il ne peut en être autrement.



[1] Les deux auteurs ne vivent pas dans la même ville, ils se rencontrent régulièrement le temps du projet dans le lieu qui, prochainement désaffecté, sera « l’ancienne bibliothèque ».

 

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